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Caresses : Tout doux le tabou !

Journal Entry: Sun Apr 15, 2007, 2:20 PM
Voici un extrait qui a paru dans le ellequebec

Histoire de culte

Pendant deux millénaires de vision dichotomique, l’être humain s’est divisé en corps-esprit, psychique-physique, et surtout âme-chair. Sans compter tous les préjugés judéo-chrétiens qui lui sont inhérents. Aujourd’hui, l’émotion n’est plus considérée comme un parasite mais comme une alliée. Du côté des psychologues, tous parviennent à cette conclusion unanime : au même titre que les calories alimentaires, nous avons besoin pour survivre de ces vitamines psychologiques que sont les contacts physiques avec les autres.

Mais d’où vient donc cette phobie de l’effleurement qui nous a hantés pendant près de deux mille ans ? Tout interdit signale un danger, et c’est à cause de sa connotation sexuelle que le tabou du toucher existe. Afin de protéger de la montée de la libido, il nous oblige à renoncer d’emblée à tout échange épidermique. Selon Didier Anzieu, psychologue, cette croyance populaire aurait été renforcée par les théologiens et leur interprétation d’un passage des Évangiles. Dans son livre Le moi peau (Éd. Dunot), l’auteur révèle en effet une perception erronée d’un épisode du Nouveau Testament qui met en scène Jésus et une prostituée. La pécheresse se présente à un banquet pour remercier Jésus de 1’avoir guérie de la lèpre. Elle couvre alors les pieds du Messie de larmes et de baisers sous les yeux ébahis d’une assemblée scandalisée. Imaginez l’étonnement général, le fils de Dieu se laisse toucher par une fille de mauvaise vie. Le principal concerné rétorque que cette humble pécheresse l’honore en lui démontrant autant d’amour. Cette raison, selon lui, est suffisante pour inciter au pardon des péchés, même les plus graves. Réaction des convives : serait-il tombé dans le piège de la séduction sexuelle tendu par cette femme ?

En fait, ce passage n’est pas le seul à semer le doute. Anzieu poursuit son analyse en examinant deux épisodes où deux femmes bénéficient de la guérison par le toucher. La première, atteinte de possession, est libérée de ses démons par imposition des mains du Sauveur. (Tiens, le toucher révélerait donc la présence de démons intérieurs ?) Et la deuxième, en l’honneur de la résurrection de son frère, oint les pieds et les cheveux du Messie d’un parfum coûteux et en imprègne son propre corps pour préparer sa résurrection (pratique qualifiée d’autoérotique). L’interdit du toucher serait-il donc plus spécifique aux civilisations chrétiennes qu’aux autres ? Ces trois intervenantes bibliques portaient un nom qui ressemble à Marie-Madeleine. De là à les confondre toutes les trois, il n’y a qu’un pas, et c’est comme ça, en mélangeant les cartes sans discernement, qu’on en arrive à les assimiler à la prostituée. D’où la propagation fulgurante d’une grossière erreur : le toucher a nécessairement une connotation sexuelle. C’est une explication.

La psychanalyse, inspirée de ce modèle judéo-chrétien, a vite pris le relais. Scruté par Freud, l’interdit œdipien met en garde contre la démesure de l’excitation (la nôtre et celle des autres) et sa conséquence, à savoir le déferlement de la pulsion. On sait combien les travaux de Freud ont contribué au progrès des sciences humaines… Mais ils ne l’ont cependant pas empêché d’être lui-même un fervent misogyne.

À défaut d’avoir homme, femme ou animal de compagnie, il reste toujours le loisir de caresser… un rêve. Plus vous y plongerez, plus il aura de chances de se réaliser. À vous de voir. Et là, sans aucune censure, vous pouvez y aller… les yeux fermés.

  • Mood: Affection
  • Listening to: Queen of the Stone Age- Little sister
  • Reading: doing my homework
  • Watching: charmed - season 7
  • Playing: final fantasy XII once and a while
  • Eating: chocolate
  • Drinking: milk

Devious Comments

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~Johnne:iconJohnne: May 12, 2007, 5:05:12 PM
En réalité. Je ne catch pas pourquoi les religieux ont fait du touché un tabou. Et la Bible est pleine d'anicroche et de double-sens étrange, et pas seulement sur la sexualité. Au Moyen-âge, il était impensable, pour un couple, de se tenir par la main.

Je considère le toucher comme le meilleur des sens. Que ce soit de la simple poigné jusqu'à la relation sexuelle. Il n'y a pas plus de rapprochement possible entre les personne =P

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